Augmentation mammaire par lipofilling

Chirurgie esthétique du sein

Augmentation modérée et naturelle du volume des seins par transfert de graisse autologue prélevée sur la patiente elle-même, sans implant, à Paris.

Qui est concerné par une augmentation mammaire par lipofilling ?

Le lipofilling mammaire (aussi appelé lipomodelage ou lipostructure) s’adresse aux patientes souhaitant une augmentation modérée du volume des seins, de façon complètement naturelle, sans corps étranger. Il convient particulièrement aux patientes qui souhaitent retrouver un « état antérieur » après un amaigrissement, une grossesse ou un allaitement, plutôt qu’une transformation radicale du volume.

Cette technique nécessite que la patiente dispose d’un « capital adipeux » suffisant pour permettre un prélèvement de graisse dans de bonnes conditions : les patientes très minces ne sont donc pas de bonnes candidates. Un examen clinique de la glande mammaire est systématique avant toute décision, complété par une mammographie et une échographie (voire une IRM si besoin), afin de dépister toute anomalie suspecte.

Il faut bien distinguer cette technique de l’augmentation par prothèses : l’augmentation par implants convient aux patientes souhaitant une augmentation importante et une transformation radicale, tandis que le lipofilling esthétique ne permet qu’une augmentation modérée. Il ne peut donc pas se substituer à toutes les indications de chirurgie d’augmentation mammaire ; les implants gardent leur place dans l’arsenal thérapeutique selon le souhait de la patiente.

Comment se déroule l’intervention ?

Chaque chirurgien adopte une technique qui lui est propre et qu’il adapte à chaque cas. On distingue néanmoins des principes de base communs, en trois temps.

Le prélèvement. Le chirurgien repère précisément les zones de prélèvement de la graisse en fonction des excès graisseux et des souhaits de la patiente ; il s’agit le plus souvent des cuisses et du ventre. Le prélèvement est réalisé de façon atraumatique, par de petites incisions cachées dans les plis naturels, à l’aide d’une fine canule d’aspiration — un geste qui améliore aussi, en pratique, la silhouette des zones prélevées.

La préparation. La graisse prélevée est centrifugée quelques minutes afin de séparer les cellules graisseuses intactes, qui seront greffées, des éléments non greffables (sérosités, huile).

Le transfert. La graisse est réinjectée dans le sein à partir d’incisions de 1 à 2 mm, à l’aide de micro-canules, selon de nombreux trajets indépendants et dans différents plans, afin de créer un véritable réseau tridimensionnel qui favorise la survie des cellules greffées.

Il s’agit d’une véritable greffe de cellules vivantes, dont le taux de prise est estimé à 60–70 % selon les patientes. Les cellules qui « prennent » restent vivantes aussi longtemps que les tissus environnants ; le résultat est donc considéré comme définitif, mais évolue naturellement avec l’adiposité de la patiente (une perte de poids importante diminuera le volume apporté).

La durée de l’intervention varie de 1 à 4 heures selon le nombre de sites de prélèvement et la quantité de graisse à transférer.

Quel type d’anesthésie, et pendant combien de temps ?

Le lipofilling mammaire esthétique est habituellement réalisé sous anesthésie générale, car plusieurs sites anatomiques (zones de prélèvement et seins) sont concernés dans le même temps opératoire. Sa durée varie de 1 à 4 heures selon les cas.

En amont : consultation avec le médecin anesthésiste au plus tard 48 heures avant l’intervention, bilan préopératoire habituel, bilan radiologique du sein (mammographie, échographie).

Faut-il être hospitalisée, et combien de temps ?

Cette chirurgie nécessite une hospitalisation courte, d’environ 12 à 24 heures, à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).

À quoi ressemblent les suites, semaine après semaine ?

  • Semaine 1 (J0–J7)

    douleurs en général modérées, mais pouvant être transitoirement plus marquées au niveau des zones de prélèvement. Un œdème apparaît au niveau des sites de prélèvement et des seins dans les 48 heures suivant l’intervention. Des ecchymoses apparaissent dans les premières heures sur les zones de prélèvement. S’agissant d’une chirurgie esthétique, aucun arrêt de travail n’est nécessaire ; une dizaine de jours de congés est toutefois conseillée pour permettre une reprise confortable des activités.

  • 10 à 20 jours

    résorption progressive des ecchymoses. Une certaine fatigue peut être ressentie pendant 1 à 2 semaines, surtout en cas de prélèvement graisseux important.

  • 1 à 3 mois

    résorption progressive de l’œdème. Le résultat commence à apparaître environ 1 mois après l’intervention. Éviction solaire des régions opérées pendant au moins 4 semaines (risque de pigmentation cutanée).

  • 3 à 6 mois

    le résultat proche du résultat final est apprécié à ce stade.

  • 1 an

    bilan d’imagerie de référence recommandé par la SOFCPRE (voir « Risques »), si possible réalisé par le même radiologue que le bilan préopératoire.

Quels résultats attendre, et quelles limites ?

Le résultat est apprécié dans un délai de 3 à 6 mois après l’intervention. Il est le plus souvent satisfaisant lorsque l’indication et la technique ont été adaptées : les seins présentent en général un volume plus important et un galbe plus harmonieux. La silhouette est également améliorée grâce à la lipoaspiration des zones de prélèvement.

Les limites doivent être clairement comprises avant l’intervention :
– l’augmentation de volume obtenue est modérée, sans commune mesure avec celle obtenue par implants ; cette technique ne convient pas aux patientes souhaitant une transformation radicale ;
– le volume disponible dépend du « capital adipeux » de la patiente et des zones donneuses disponibles ;
– une deuxième séance de lipofilling est envisageable quelques mois plus tard si nécessaire, pour augmenter encore le volume ou améliorer la forme ; le nombre de séances n’est pas limité en théorie, mais dépend de la quantité de graisse disponible pour un nouveau prélèvement ; cette deuxième intervention entraîne des contraintes et des coûts comparables à ceux de la première séance ;
– le tissu graisseux transféré reste vivant et donc soumis aux variations de poids de la patiente : un amaigrissement important diminuera le volume des seins, une prise de poids l’augmentera. Une certaine stabilité pondérale est recommandée pour pérenniser le résultat ;
– le vieillissement naturel des seins n’est pas interrompu par l’intervention.

Quels sont les risques et complications possibles ?

Comme toute intervention chirurgicale, le lipofilling mammaire comporte des risques liés à l’anesthésie et des risques liés au geste chirurgical.

Liés à l’anesthésie : les techniques et méthodes de surveillance ont beaucoup progressé ; les risques sont aujourd’hui statistiquement très faibles avec un anesthésiste qualifié, en dehors de l’urgence et chez une personne en bonne santé.

Liés au geste chirurgical, les vraies complications restent rares :
– cytostéatonécrose : apparition, de façon rare, de zones plus fermes au niveau du sein, qui diminuent progressivement de taille en quelques mois et s’assouplissent lentement ; en cas d’augmentation progressive de ces zones, il convient d’en parler au chirurgien, qui jugera de l’opportunité d’examens complémentaires ;
– kystes huileux (ou kystes graisseux) : liés à une mauvaise répartition ou une mauvaise prise des greffons ; les techniques modernes de transfert (répartition en fin réseau tridimensionnel) limitent ce risque ;
– résorption partielle de la graisse transférée : la prise de la greffe est estimée à 60–70 % selon les patientes ; une part de la graisse injectée est naturellement résorbée, ce qui explique qu’une seconde séance soit parfois nécessaire pour atteindre le volume souhaité ;
– infection, prévenue par une antibioprophylaxie périopératoire ; en cas de survenue (rare), traitée par antibiothérapie et résolution habituelle en une dizaine de jours ;
– pneumothorax, exceptionnel ;
– calcifications : comme dans toute chirurgie du sein (esthétique ou non), des calcifications radiologiques peuvent apparaître, liées à la cicatrisation tissulaire. Elles sont différentes de celles observées dans les cancers du sein et ne posent pas de problème de diagnostic pour un radiologue expérimenté en imagerie mammaire.

Sur le plan de la surveillance mammaire : il n’existe à ce jour aucun élément probant permettant de penser que le transfert de graisse favoriserait l’apparition d’un cancer du sein ; en revanche, il ne l’empêchera pas non plus de survenir si la patiente devait développer un cancer du fait de son propre risque individuel (âge, antécédents familiaux, densité mammaire). C’est pourquoi la SOFCPRE recommande, à titre de référence de la profession, qu’un bilan d’imagerie du sein (mammographie, échographie) soit réalisé avant l’intervention par un radiologue spécialisé, puis répété à 1 an, 2 ans, voire 3 ans selon les recommandations du radiologue, si possible par le même praticien. En pratique, le suivi mammaire standard recommandé pour toute femme du même âge est généralement retenu, sans protocole de surveillance renforcée spécifique après un lipofilling mammaire ; le rythme des bilans de contrôle est à discuter en consultation, notamment en cas d’antécédents ou de facteurs de risque particuliers.

Quelle prise en charge et quels honoraires prévoir ?

Le lipofilling mammaire à visée esthétique pure (augmentation de volume sans indication malformative ou reconstructrice) est une chirurgie à but exclusivement esthétique : il n’est, à ce titre, pas pris en charge par l’Assurance Maladie.

La situation est différente lorsque le transfert graisseux est réalisé dans un contexte reconstructeur ou malformatif (par exemple hypoplasie mammaire sévère, syndrome de Poland, séquelles de traitement du cancer du sein) : l’Assurance Maladie peut alors participer à la prise en charge, sous réserve d’une demande d’entente préalable. Ce cas de figure sort du cadre de la présente page, consacrée à l’augmentation mammaire à visée esthétique.

Un devis détaillé et personnalisé, valable 6 mois, est systématiquement remis en consultation, incluant le cas échéant les honoraires liés à une éventuelle deuxième séance. Conformément à la réglementation applicable à la chirurgie esthétique, un délai de réflexion minimum de 15 jours est requis entre la remise de ce devis et l’intervention.

À titre indicatif, pour un lipofilling mammaire bilatéral standard (2 heures de bloc, hospitalisation en ambulatoire, une séance) :

Montant
Honoraires du chirurgien (TTC) 3 000 €
Honoraires de l’anesthésiste 800 €
Forfait bloc opératoire (2h) 1 200 €
Forfait hospitalisation en ambulatoire 300 €
Total TTC 5 300 €

Montants indicatifs pour une séance de lipofilling mammaire bilatéral ; une éventuelle deuxième séance de complément fait l’objet d’un devis et d’honoraires distincts, du même ordre de grandeur. Le devis remis en consultation reste seul engageant et peut varier selon chaque situation.

Autres questions fréquentes

(questions transverses non couvertes par les sections ci-dessus — évite la redondance de contenu)

Le lipofilling mammaire peut-il remplacer une augmentation par prothèses ?
Non : il s’agit de deux interventions aux objectifs différents. Le lipofilling permet une augmentation modérée et naturelle, sans corps étranger ; les prothèses permettent une augmentation plus importante avec une transformation plus marquée du volume. Le choix se fait en consultation selon les souhaits de la patiente et son capital adipeux disponible.

Le lipofilling mammaire augmente-t-il le risque de cancer du sein ?
Il n’existe à ce jour aucun élément probant en ce sens. La SOFCPRE recommande, à titre de référence de la profession, un suivi radiologique renforcé (bilan à 1, 2 voire 3 ans) par un radiologue spécialisé en imagerie mammaire, en raison de l’absence de recul suffisant à très long terme ; en pratique, le suivi mammaire standard recommandé pour toute femme du même âge est généralement retenu, sans protocole de surveillance renforcée spécifique (voir « Risques » ci-dessus).

Combien de séances de lipofilling sont nécessaires ?
Cela dépend du volume souhaité, du capital adipeux disponible et du taux de prise de la greffe (60–70 % en moyenne). En pratique, 1 à 2 séances sont habituellement nécessaires pour obtenir le résultat souhaité ; une seconde séance, lorsqu’elle est utile, est proposée quelques mois plus tard pour compléter le résultat.

Page rédigée et vérifiée par le Dr Jean-Baptiste Schaff, chirurgien plasticien — dernière mise à jour le 28/09/2026.