Correction des mamelons invaginés

Chirurgie plastique du sein

Correction chirurgicale, courte et le plus souvent ambulatoire, du mamelon invaginé (ou ombiliqué), à Paris.

Qui est concerné par une correction de mamelon invaginé ?

Le mamelon correspond à la zone d’émergence des canaux galactophoriques au centre du sein et de l’aréole. Il réalise normalement un relief et permet la lactation ; ce relief se marque sous l’effet d’une stimulation, par contraction du muscle mamillaire. La projection mamelonnaire est en moyenne de 3 à 7 mm.

Ce relief peut être peu marqué, inexistant, voire ombiliqué (rétracté vers l’intérieur) : on parle alors de mamelon invaginé. L’invagination du mamelon résulte d’une brièveté des canaux galactophoriques et des cloisons fibreuses interlobulaires.

L’intervention chirurgicale a pour but de reconstituer un relief central au mamelon. Son objectif est purement morphologique, et en aucun cas fonctionnel dans le but de faciliter un futur allaitement : l’intervention ne vise pas à améliorer une future lactation. La reconstruction d’un relief mamelonnaire n’est par ailleurs pas obligatoire, ni d’un point de vue morphologique ni d’un point de vue fonctionnel — certaines invaginations s’atténuent d’ailleurs spontanément pendant une grossesse, et l’usage de « bouts de sein » en silicone peut faciliter la lactation en cas de mamelon invaginé non opéré. Une cure d’invagination peut aussi être proposée dans certains cas d’infection du sein, à distance de l’épisode infectieux et après arrêt du tabac par la patiente.

Comment se déroule l’intervention ?

Il existe plusieurs types de techniques chirurgicales pour traiter une invagination du mamelon ; le chirurgien choisit celle qu’il juge la plus appropriée au cas de la patiente. Dans tous les cas, l’intervention sectionne en profondeur, sous le mamelon, les canaux galactophoriques courts responsables de la rétraction, afin de permettre son émergence. La voie d’abord est limitée à l’intérieur ou en périphérie du mamelon.

Une suture profonde diminue l’espace mort et l’effet de cicatrisation en rétraction, qui est la principale source de récidive. Des plasties locales autour du mamelon participent à créer un anneau cutané qui projette le mamelon vers l’extérieur. L’intervention consiste en une section transversale des canaux galactophoriques, réalisée selon les cas par voie trans-mamelonnaire ou péri-mamelonnaire, et sans traction postopératoire : aucun dispositif de traction n’est mis en place sur le mamelon après l’intervention.

L’intervention dure de 30 à 60 minutes. Un pansement simple est confectionné en fin d’intervention.

Point important sur la technique et l’allaitement : la section des canaux galactophoriques fait partie intégrante de la technique employée pour corriger l’invagination. Les patientes en sont systématiquement informées avant l’intervention : cette section rend l’allaitement en général impossible par la suite. Ce point doit donc être discuté avec le chirurgien avant l’intervention, en particulier chez les patientes n’ayant pas encore eu d’enfant.

Quel type d’anesthésie, et pendant combien de temps ?

Ce geste est réalisé sous anesthésie locale simple, éventuellement associée à une sédation pour les patientes les plus inquiètes. L’intervention dure de 30 à 60 minutes.

En amont : consultation préopératoire obligatoire avec le médecin anesthésiste. Un arrêt complet du tabac au moins un mois avant l’intervention, puis jusqu’à cicatrisation (en général 15 jours après), est demandé par la communauté des chirurgiens plasticiens ; un test nicotinique urinaire peut être demandé le jour de l’intervention.

Faut-il être hospitalisée, et combien de temps ?

Cette intervention est réalisée le plus souvent en chirurgie ambulatoire : entrée et sortie le même jour, à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).

À quoi ressemblent les suites, semaine après semaine ?

  • Semaine 1 (J0–J7)

    suites opératoires en général simples. Douleurs calmées par des antalgiques classiques. Des pansements sont à prévoir.

  • Semaine 2 (jusqu’à J15 environ)

    poursuite des pansements jusqu’à l’ablation des fils, prévue à une quinzaine de jours après l’intervention.

  • Plusieurs semaines à quelques mois

    les cicatrices, le plus souvent limitées et peu visibles au sein de la peau pigmentée de l’aréole, continuent de s’estomper.

  • 1 an

    la projection finale du mamelon s’apprécie à ce stade, avec la stabilisation des phénomènes rétractiles.

Quels résultats attendre, et quelles limites ?

La projection finale du mamelon s’apprécie à environ 1 an, avec la stabilisation des phénomènes rétractiles. Il faut bien comprendre que la cure de l’invagination ne peut faire sortir que le mamelon qui existe : un mamelon court invaginé donnera, après intervention, un mamelon court « désinvaginé ». Les cicatrices sont le plus souvent limitées et peu visibles.

Les imperfections de résultat possibles portent essentiellement sur :
– le degré de projection du mamelon, qui peut être amélioré sans être totalement normalisé ;
– la qualité des cicatrices péri-mamelonnaires en zone aréolaire (légère dyschromie cicatricielle possible).

Quels sont les risques et complications possibles ?

Une cure d’invagination du mamelon, bien que réalisée pour des motivations essentiellement esthétiques, n’en reste pas moins une véritable intervention chirurgicale, ce qui implique les risques inhérents à tout acte médical, aussi minime soit-il. Cet acte reste notamment soumis aux aléas liés aux tissus vivants, dont les réactions ne sont jamais entièrement prévisibles.

Liées à l’anesthésie : les risques sont statistiquement extrêmement faibles avec un anesthésiste compétent, en dehors de l’urgence et chez une personne en bonne santé.

Liées au geste chirurgical, dans la grande majorité des cas les suites sont simples ; des complications peuvent malgré tout survenir :
– nécrose totale du mamelon : rare mais possible, en cas de section et de traction importante ; la cicatrisation renouvelle alors l’aspect invaginé initial ;
– récidive des phénomènes d’invagination, dans des délais et des proportions variables ;
– troubles de la sensibilité du mamelon, à type d’hypo- ou, plus rarement, d’hyperesthésie — une rééducation de la sensibilité mamelonnaire (face au miroir) est conseillée pour diminuer ces dysesthésies ;
– accentuation de phénomènes kystiques chez des patientes prédisposées aux ectasies galactophoriques.

Au total, il ne faut pas surévaluer les risques, mais simplement prendre conscience qu’une intervention chirurgicale, même apparemment simple, comporte toujours une petite part d’aléas. Le recours à un chirurgien plasticien qualifié assure la formation et la compétence requises pour savoir éviter ces complications, ou les traiter efficacement le cas échéant.

Quelle prise en charge et quels honoraires prévoir ?

Il existe des codes CCAM dédiés à la désinvagination du mamelon ombiliqué — QEEA002 (désinvagination unilatérale) et QEEA003 (désinvagination bilatérale, tarif de convention secteur 1 : 108,59 €). Cette intervention est prise en charge par l’Assurance Maladie sur la base de ce tarif de convention, remboursé à 100 %. Elle est réalisée au bloc opératoire de la clinique, sous anesthésie locale.

À cette base s’ajoutent des honoraires complémentaires (dépassement), non pris en charge par l’Assurance Maladie et remboursés selon votre contrat de mutuelle :

Montant
Base Assurance Maladie (remboursée à 100 %, code CCAM QEEA003) 108,59 €
Honoraires complémentaires (dépassement) 800 €

En l’absence d’adhésion au dispositif OPTAM/OPTAM-CO, ce dépassement peut être remboursé différemment par votre complémentaire santé selon votre contrat — nous vous conseillons de vérifier ce point auprès de votre mutuelle avant l’intervention.

Un devis détaillé et personnalisé, valable 6 mois, est systématiquement remis en consultation. Conformément à la réglementation applicable à la chirurgie esthétique, un délai de réflexion minimum de 15 jours est requis entre la remise de ce devis et l’intervention.

Montants indicatifs pour une désinvagination bilatérale ; le devis remis en consultation reste seul engageant et peut varier selon chaque situation (cas unilatéral notamment).

Autres questions fréquentes

(questions transverses non couvertes par les sections ci-dessus — évite la redondance de contenu)

La correction d’un mamelon invaginé peut-elle m’empêcher d’allaiter plus tard ?
Oui, en général. La technique employée (section transversale des canaux galactophoriques, par voie trans-mamelonnaire ou péri-mamelonnaire selon les cas) implique la section de ces canaux, ce qui rend l’allaitement en général impossible après l’intervention. Les patientes en sont systématiquement informées avant l’intervention, ce point étant discuté individuellement en consultation, en particulier chez les patientes n’ayant pas encore eu d’enfant.

Une invagination du mamelon peut-elle se corriger seule, sans chirurgie ?
La reconstruction d’un relief mamelonnaire n’est obligatoire ni d’un point de vue morphologique ni d’un point de vue fonctionnel. Certaines invaginations s’atténuent spontanément pendant une grossesse ; l’usage de « bouts de sein » en silicone peut par ailleurs faciliter la lactation en l’absence de correction chirurgicale.

Page rédigée et vérifiée par le Dr Jean-Baptiste Schaff, chirurgien plasticien — dernière mise à jour le 28/09/2026.