Symétrisation du sein controlatéral

Reconstruction mammaire après cancer

Geste réalisé sur le sein sain (controlatéral) pour l’harmoniser avec le sein reconstruit après cancer, dans le cadre du parcours global de reconstruction mammaire, à Paris.

Qui est concernée par une symétrisation du sein controlatéral ?

La symétrisation s’adresse aux patientes ayant bénéficié d’une reconstruction mammaire (par prothèse, lambeau ou lipofilling) après une mastectomie totale ou partielle pour cancer, lorsque le sein reconstruit présente une différence de volume, de forme ou de position par rapport au sein sain. Ce geste s’inscrit dans la continuité du parcours de reconstruction, en lien avec l’Institut Curie (site de Saint-Cloud).

La Haute Autorité de Santé a évalué la place de ces interventions sur le sein controlatéral au décours d’une chirurgie carcinologique mammaire ; elles sont admises comme faisant partie intégrante de la reconstruction mammaire globale après cancer, et non comme un geste de chirurgie purement esthétique.

Point important : la symétrisation du sein sain (controlatéral) est habituellement prise en charge par l’Assurance Maladie, car elle s’inscrit dans la reconstruction globale post-cancer et non dans une démarche esthétique isolée (voir « Quelle prise en charge » ci-dessous).

Comment se déroule l’intervention ?

La technique employée sur le sein controlatéral dépend de la nature de l’asymétrie constatée. Il s’agit le plus souvent d’une réduction ou d’un lifting du sein controlatéral ; une augmentation par prothèse est parfois proposée, mais uniquement dans les cas où le sein reconstruit a lui-même été reconstruit par prothèse (par cohérence de technique entre les deux seins) :

  • Réduction mammaire (mastoplastie de réduction) si le sein sain est plus volumineux ou plus ptôsé (tombant) que le sein reconstruit ;
  • Lifting mammaire (mastopexie) si le sein sain présente une ptôse sans excès de volume notable ;
  • Augmentation mammaire (par lipofilling, ou par prothèse lorsque le sein reconstruit a lui-même été reconstruit par prothèse) si le sein sain est de volume insuffisant par rapport au sein reconstruit.

Le déroulement technique précis de chacun de ces gestes (indications détaillées, principes opératoires) est décrit sur les pages dédiées à la réduction mammaire, au lifting mammaire et au lipofilling en reconstruction.

La symétrisation est toujours réalisée en différé, dans un temps opératoire distinct de la reconstruction du sein malade, une fois le résultat de cette dernière stabilisé — ce qui permet un ajustement plus précis. Le choix du moment est discuté en consultation avec le chirurgien.

Quelles cicatrices ?

Les cicatrices dépendent de la technique employée sur le sein controlatéral : péri-aréolaire, verticale et/ou horizontale dans le sillon sous-mammaire pour une réduction ou un lifting (voir la page réduction mammaire pour le détail des tracés), ou cicatrices minimes de prélèvement/réinjection en cas de lipofilling.

Quel type d’anesthésie, et pendant combien de temps ?

L’intervention se déroule sous anesthésie générale. Sa durée varie de 1 à 3 heures selon la technique retenue et selon qu’elle est associée ou non à un temps de reconstruction du sein malade.

En amont : consultation avec le médecin anesthésiste au plus tard 48 heures avant l’intervention, bilan préopératoire habituel, bilan radiologique du sein controlatéral (mammographie, échographie), arrêt du tabac recommandé un mois avant et un mois après.

Faut-il être hospitalisée, et combien de temps ?

Selon le geste réalisé, l’intervention se déroule en ambulatoire ou avec une hospitalisation d’un jour, à l’Institut Curie (site de Saint-Cloud), en secteur 1, dans le cadre de cette prise en charge oncologique.

À quoi ressemblent les suites, semaine après semaine ?

Les suites suivent globalement celles de la technique employée (réduction, lifting ou augmentation par prothèse/lipofilling) — voir les pages dédiées pour le détail semaine par semaine. De façon générale :

  • Semaine 1 (J0–J7)

    douleurs le plus souvent modérées, œdème et ecchymoses fréquents ; port d’un soutien-gorge de contention.

  • Semaines 2–4

    consultation postopératoire ; ablation des fils non résorbables si besoin ; reprise progressive des activités.

  • Mois suivants

    consultations de surveillance régulières, portant à la fois sur le résultat esthétique et sur le suivi oncologique du sein controlatéral.

Quels résultats attendre, et quelles limites ?

L’objectif de la symétrisation est d’apporter une harmonie globale entre les deux seins, non une symétrie parfaite. Une asymétrie résiduelle mineure peut persister. Le résultat définitif s’apprécie à distance, une fois les suites opératoires et les phénomènes d’œdème résorbés (délai variable selon la technique employée).

Le sein controlatéral opéré reste soumis à la même surveillance mammaire (clinique et radiologique) que tout sein sain dans le cadre du suivi oncologique post-cancer.

Photos avant / après

Les photographies ci-dessous sont des photographies médicales de poitrines nues.

Seins, vue de face

Symétrisation par réduction mammaire, seins, vue de face, avant
Symétrisation par réduction mammaire, seins, vue de face, après (résultat à environ 3 mois)

Seins, vue oblique

Symétrisation par réduction mammaire, seins, vue oblique, avant
Symétrisation par réduction mammaire, seins, vue oblique, après (résultat à environ 3 mois)
Symétrisation par réduction mammaireAsymétrie mammaire après traitement d'un cancer du sein droit (chirurgie et radiothérapie), corrigée par une réduction mammaire gauche de symétrisation. Résultat à environ 3 mois.

Photographies de patientes opérées par le Dr Schaff, publiées avec leur consentement écrit. Aucune retouche n’a été appliquée, sauf mention contraire dans la légende : seuls le cadrage et la taille ont été harmonisés entre l’avant et l’après ; l’éclairage et le fond peuvent différer d’une prise de vue à l’autre. Chaque résultat est individuel : il dépend de l’anatomie, de la qualité des tissus, des traitements et de la cicatrisation propres à chaque patiente, et ne préjuge pas du résultat qui pourrait être obtenu chez une autre personne.

Voir toutes les photos avant / après →

Quels sont les risques et complications possibles ?

Les risques sont ceux propres à la technique employée sur le sein controlatéral (réduction, lifting ou augmentation), détaillés sur les pages dédiées à ces interventions : risques liés à l’anesthésie, et risques liés au geste chirurgical (hématome, infection, retard de cicatrisation, altération de la sensibilité, cicatrices hypertrophiques, complications propres à un éventuel implant).

Quelle prise en charge et quels honoraires prévoir ?

La symétrisation du sein controlatéral réalisée dans les suites d’une chirurgie carcinologique mammaire est un acte de chirurgie réparatrice, pris en charge par l’Assurance Maladie, le plus souvent à 100 % dans le cadre de l’Affection de Longue Durée (ALD), sur la base des tarifs de convention — y compris lorsque la technique retenue est, dans son principe, la même qu’en chirurgie esthétique (réduction, lifting, pose de prothèse).

Cette intervention est réalisée à l’Institut Curie, en secteur 1 (secteur conventionné, sans dépassement d’honoraires). Elle est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie au titre de l’affection de longue durée (ALD) liée au cancer du sein. Le reste à charge pour la patiente est donc nul ou minime (hors forfait journalier hospitalier et participation forfaitaire éventuels, dans les conditions habituelles de l’ALD).

Autres questions fréquentes

(questions transverses non couvertes par les sections ci-dessus — évite la redondance de contenu)

Faut-il opérer les deux seins en même temps ou en deux temps différents ?
En pratique, la symétrisation est toujours réalisée en différé, dans un temps opératoire distinct de la reconstruction du sein malade, une fois le résultat de cette dernière stabilisé.

Le sein controlatéral opéré nécessite-t-il un suivi mammographique particulier ?
Il reste soumis à la même surveillance mammaire que tout sein sain dans le cadre du suivi oncologique après cancer du sein ; le geste de symétrisation ne dispense pas de ce suivi.

Puis-je refuser la symétrisation et conserver une asymétrie ?
Oui, la symétrisation n’est pas obligatoire ; il s’agit d’un choix personnel, à discuter avec le chirurgien selon le degré d’asymétrie et son retentissement.

Page rédigée et vérifiée par le Dr Jean-Baptiste Schaff, chirurgien plasticien — dernière mise à jour le 29/09/2026.