Reconstruction mammaire après cancer
Reconstruction de l’aréole et du mamelon (plaque aréolo-mamelonnaire), dernière étape de la reconstruction mammaire, réalisée à distance de la reconstruction du volume du sein, à Paris.
Sommaire
- Qui est concernée par une reconstruction de l’aréole et du mamelon ?
- Comment se déroule l’intervention ?
- Quelles cicatrices ?
- Quel type d’anesthésie, et pendant combien de temps ?
- Faut-il être hospitalisée, et combien de temps ?
- À quoi ressemblent les suites, semaine après semaine ?
- Quels résultats attendre, et quelles limites ?
- Photos avant / après
- Quels sont les risques et complications possibles ?
- Quelle prise en charge et quels honoraires prévoir ?
- Autres questions fréquentes
- Sources
Qui est concernée par une reconstruction de l’aréole et du mamelon ?
Après une mastectomie, la reconstruction du volume et de la forme du sein peut être suivie, si la patiente le souhaite, d’une reconstruction de la plaque aréolo-mamelonnaire (aréole et mamelon), destinée à restaurer l’aspect complet du sein. Ce geste s’inscrit dans la continuité du parcours de reconstruction mammaire après cancer, en lien avec l’Institut Curie (site de Saint-Cloud).
La reconstruction aréolaire n’est jamais obligatoire. Certaines femmes se satisfont de la reconstruction du seul volume mammaire ; la reconstruction de l’aréole et du mamelon reste un choix personnel.
L’intervention est réalisée une fois que la reconstruction du sein est terminée et que les deux seins sont symétriques, c’est-à-dire après l’éventuel geste de symétrisation du sein controlatéral, afin que le résultat final serve de référence pour le positionnement et le dimensionnement de la nouvelle aréole.
Comment se déroule l’intervention ?
Il existe plusieurs techniques, qui peuvent être combinées.
La technique la plus souvent réalisée associe une greffe de mamelon controlatéral et une dermopigmentation de l’aréole : une partie du mamelon du sein opposé est prélevée puis greffée sur le sein reconstruit, et la couleur de l’aréole est restituée par tatouage (dermopigmentation). Ce geste combiné est réalisé une fois que la reconstruction du sein est terminée et que les deux seins sont symétriques.
Pour le mamelon :
– Greffe controlatérale : une partie du mamelon du sein opposé est prélevée puis greffée sur le sein reconstruit. C’est la technique de choix lorsque le mamelon controlatéral est suffisamment généreux ; elle ne laisse quasiment pas de trace sur le sein donneur et n’altère pas sa sensibilité aréolaire.
– Lambeaux locaux : un petit lambeau de peau, prélevé sur le sein reconstruit lui-même, est enroulé sur lui-même pour restaurer un relief mamelonnaire central. La cicatrice de prélèvement est ensuite dissimulée sous la greffe de peau ou le tatouage qui reconstruit l’aréole.
Pour l’aréole :
– Tatouage (dermopigmentation) : introduction d’un pigment stérile dans le derme, généralement associée à la greffe de mamelon controlatéral. C’est la technique la plus simple, réalisée en une séance ; une séance complémentaire peut être nécessaire si la couleur s’atténue avec le temps.
– Greffe de peau totale : la peau est le plus souvent prélevée au niveau du sillon génito-crural (pli de l’aine), où elle est naturellement pigmentée et prend un aspect brun une fois greffée. Cette technique existe mais n’est en pratique pas privilégiée, pour plusieurs raisons : la pigmentation obtenue a tendance à s’atténuer avec les années, la peau prélevée dans cette zone peut être porteuse de poils, et la cicatrice laissée au pli de l’aine est souvent jugée inesthétique. La moitié périphérique de l’aréole du sein controlatéral peut aussi être utilisée si un geste chirurgical est réalisé sur ce sein.
Alternative sans chirurgie : le tatouage 3D. Il est également possible de reconstruire l’aspect de l’aréole et du mamelon uniquement par dermopigmentation, sans aucun geste chirurgical : le tatouage 3D reproduit, par des jeux d’ombres et de couleurs, l’illusion d’un relief mamelonnaire et d’une aréole, sans chercher à créer un relief réel. Cette option évite toute nouvelle cicatrice et convient particulièrement aux patientes ne souhaitant pas d’intervention supplémentaire ; le résultat reste toutefois plan au toucher, sans la projection propre à une reconstruction chirurgicale du mamelon.
Quelles cicatrices ?
Le tatouage seul ne laisse pas de cicatrice. La greffe de peau (technique peu utilisée en pratique) laisse une cicatrice au pli de l’aine souvent jugée inesthétique, et une déformation cicatricielle localisée y est parfois observée. Les lambeaux locaux laissent une cicatrice de prélèvement sur le sein reconstruit lui-même, dissimulée sous la greffe ou le tatouage de l’aréole.
Quel type d’anesthésie, et pendant combien de temps ?
L’intervention est réalisée sous anesthésie locale simple, sauf si elle est associée à un geste plus invasif nécessitant une anesthésie générale ; une sédation peut être proposée aux patientes les plus inquiètes. Elle dure en général une demi-heure.
Un nouveau bilan préopératoire n’est pas nécessaire, sauf en cas de geste associé plus invasif. Une consultation d’anesthésie n’est obligatoire que si une sédation ou une anesthésie générale est envisagée.
Faut-il être hospitalisée, et combien de temps ?
Ce geste est réalisé le plus souvent en ambulatoire. Une hospitalisation n’est envisagée qu’en cas de geste associé nécessitant une anesthésie générale. Intervention réalisée à l’Institut Curie (site de Saint-Cloud), en secteur 1, dans le cadre de cette prise en charge oncologique.
À quoi ressemblent les suites, semaine après semaine ?
- Semaine 1 (J0–J7)
suites simples, ne nécessitant pas d’arrêt de travail. Douleurs le plus souvent modérées, rapidement calmées par les antalgiques usuels. En cas de greffe de mamelon controlatéral, un pansement gras étanche est mis en place en fin d’intervention et peut être laissé sans être refait pendant 5 jours.
- À partir de J5
soins infirmiers quotidiens (pansements) jusqu’à l’ablation des fils. Au premier pansement, la greffe a parfois un aspect très blanc, puis évolue rapidement vers un aspect violacé, légèrement saignotant ; des croûtes sont possibles. Un aspect plus favorable (greffe rosée) apparaît dans les semaines suivantes. Il est conseillé d’attendre la cicatrisation avant de mouiller la greffe (douches prudentes).
- 10 jours
les fils de suture sont retirés au 10ᵉ jour.
- Semaines suivantes
évolution progressive vers un aspect rosé et souple de l’aréole reconstruite.
Quels résultats attendre, et quelles limites ?
Après cicatrisation, une aréole rosée et bien assouplie rend au sein son aspect naturel et complet. L’objectif de cette chirurgie est d’apporter une nette amélioration, non d’atteindre la perfection : il est impossible de reconstituer une aréole parfaitement identique à l’autre.
L’aréole reconstruite a perdu toute capacité de contraction (ce qui peut créer une différence de taille visible selon les circonstances, par exemple au froid) ainsi que sa sensibilité érogène. Une différence de couleur entre les deux aréoles est fréquente. Les tatouages ont tendance à s’atténuer avec le temps, mais leur renouvellement reste toujours possible.
Photos avant / après
Les photographies ci-dessous sont des photographies médicales de poitrines nues.
Sein gauche, vue de face


Sein gauche, vue de trois-quarts


Sein gauche, vue de face


Sein gauche, vue de trois-quarts


Sein droit, vue de face


Sein droit, vue de trois-quarts


Sein droit, vue de face


Sein droit, vue de trois-quarts


Photographies de patientes opérées par le Dr Schaff, publiées avec leur consentement écrit. Aucune retouche n’a été appliquée, sauf mention contraire dans la légende : seuls le cadrage et la taille ont été harmonisés entre l’avant et l’après ; l’éclairage et le fond peuvent différer d’une prise de vue à l’autre. Chaque résultat est individuel : il dépend de l’anatomie, de la qualité des tissus, des traitements et de la cicatrisation propres à chaque patiente, et ne préjuge pas du résultat qui pourrait être obtenu chez une autre personne.
Voir toutes les photos avant / après →Quels sont les risques et complications possibles ?
Les complications de la reconstruction aréolo-mamelonnaire sont rares. Cet acte reste néanmoins soumis aux aléas propres aux tissus vivants, dont les réactions ne sont jamais entièrement prévisibles :
– échec de la prise de greffe, toujours possible ; une nouvelle greffe de peau peut alors être tentée ;
– déformation cicatricielle au niveau de la zone donneuse, parfois observée.
Quelle prise en charge et quels honoraires prévoir ?
La reconstruction de la plaque aréolo-mamelonnaire, réalisée après mastectomie pour cancer, est un acte de chirurgie réparatrice, pris en charge par l’Assurance Maladie, le plus souvent à 100 % dans le cadre de l’Affection de Longue Durée (ALD), sur la base des tarifs de convention.
Cette intervention est réalisée à l’Institut Curie, en secteur 1 (secteur conventionné, sans dépassement d’honoraires). Elle est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie au titre de l’affection de longue durée (ALD) liée au cancer du sein. Le reste à charge pour la patiente est donc nul ou minime (hors forfait journalier hospitalier et participation forfaitaire éventuels, dans les conditions habituelles de l’ALD).
Autres questions fréquentes
(questions transverses non couvertes par les sections ci-dessus — évite la redondance de contenu)
Est-il obligatoire de reconstruire l’aréole et le mamelon ?
Non. La reconstruction aréolaire reste un choix personnel ; certaines femmes se satisfont de la reconstruction du seul volume mammaire.
Combien de temps après la reconstruction du volume peut-on réaliser ce geste ?
Ce geste est réalisé une fois que la reconstruction du sein est terminée et que les deux seins sont symétriques, c’est-à-dire après l’éventuel geste de symétrisation du sein controlatéral ; le délai précis dépend donc de chaque situation et sera indiqué par le chirurgien en consultation.
Le tatouage de l’aréole est-il permanent ?
Non, il a tendance à s’atténuer progressivement avec le temps ; une séance de retouche est possible si nécessaire.
Sources
- Fiche d’information SOFCPRE — Reconstruction de la plaque aréolo-mamelonnaire, version 5, nov. 2016 (Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique)
- RoseUp — Tatouage et dermopigmentation des aréoles mammaires : quelle différence ?
Page rédigée et vérifiée par le Dr Jean-Baptiste Schaff, chirurgien plasticien — dernière mise à jour le 29/09/2026.



