Déformation du sein après tumorectomie

Reconstruction mammaire après cancer

Correction des séquelles esthétiques (asymétrie, creux, rétraction cutanée) après une chirurgie conservatrice du sein (tumorectomie) et une éventuelle radiothérapie, sans reconstruction totale, à Paris.

Qui est concernée par une correction de déformation après tumorectomie ?

Cette prise en charge s’adresse aux patientes ayant conservé leur sein après un traitement conservateur du cancer (tumorectomie, associée ou non à une radiothérapie), mais présentant une séquelle esthétique localisée : perte de volume créant un creux, rétraction cutanée fibreuse (favorisée par la radiothérapie), asymétrie avec le sein controlatéral, ou désaxation de l’aréole et du mamelon. Cette prise en charge s’inscrit dans la continuité du parcours de soins du cancer du sein, en lien avec l’Institut Curie (site de Saint-Cloud).

Différence importante avec une reconstruction mammaire totale : ici, le sein n’a pas été retiré (pas de mastectomie) — il a été conservé, mais présente une déformation localisée. Il ne s’agit donc pas de reconstruire un sein après ablation complète (voir les pages dédiées à la reconstruction par prothèse ou par lipofilling), mais de corriger une séquelle sur un sein existant.

Les facteurs associés à un résultat esthétique moins favorable après traitement conservateur incluent un rapport défavorable entre le volume de la tumeur retirée et le volume du sein, une localisation de la tumeur dans les quadrants internes ou inférieurs, et une dose de radiothérapie élevée. Il est généralement recommandé d’attendre au moins 12 mois après la fin de la radiothérapie avant d’évaluer et de corriger ces déformations, le temps que les tissus irradiés se stabilisent.

Comment se déroule l’intervention ?

La technique dépend de la nature et de la sévérité de la séquelle. Les techniques employées associent généralement lipofilling, réductions et cures de ptose, à l’exclusion de toute prothèse : les seins ayant reçu une radiothérapie tolèrent mal les implants, avec un risque accru de coque périprothétique (contracture capsulaire) sur ce terrain irradié.

  • Lipofilling (transfert de graisse autologue) : technique souvent privilégiée pour combler un creux localisé et améliorer la qualité d’une peau irradiée (souplesse, coloration). Le déroulement technique (prélèvement, centrifugation, réinjection) est identique à celui décrit sur la page dédiée au lipofilling en reconstruction. Sur les terrains très irradiés, plusieurs séances itératives sont parfois nécessaires, avec des résultats qui restent, selon la littérature, plus variables que sur une peau non irradiée.
  • Réduction mammaire : pour retendre et remodeler un sein dont le volume et la forme ont été déséquilibrés par la tumorectomie et la radiothérapie.
  • Cure de ptose (lifting) : pour corriger un affaissement du sein traité, sans prothèse.
  • Plasties locales (oncoplastie différée) : pour les rétractions cutanées plus marquées ou les désaxations aréolaires importantes, un geste de chirurgie locale (déplacement de tissu, correction de la position de l’aréole) peut être proposé.
  • Symétrisation du sein controlatéral : lorsque l’asymétrie globale entre les deux seins le justifie, un geste sur le sein sain peut être associé (voir la page dédiée à la symétrisation).

Ces techniques peuvent être combinées selon la situation clinique. Dans les cas les plus sévères, lorsque la déformation est trop importante pour être corrigée par ces techniques conservatrices, l’intervention peut aller jusqu’à une mastectomie avec reconstruction immédiate par lambeau (DIEP ou grand dorsal).

Quelles cicatrices ?

Les cicatrices dépendent de la technique employée : quasi invisibles pour un lipofilling seul (incisions de prélèvement et de réinjection de 1 à 2 mm) ; cicatrices propres au geste local en cas de plastie (variables selon la technique retenue).

Quel type d’anesthésie, et pendant combien de temps ?

L’intervention est le plus souvent réalisée sous anesthésie générale. Sa durée varie de 1 à 2 heures selon la technique employée et l’étendue de la correction à réaliser.

En amont : consultation avec le médecin anesthésiste au plus tard 48 heures avant l’intervention, bilan préopératoire habituel, bilan radiologique du sein concerné (mammographie, échographie), arrêt du tabac recommandé un mois avant et jusqu’à cicatrisation.

Faut-il être hospitalisée, et combien de temps ?

La durée d’hospitalisation dépend de la technique employée : courte hospitalisation ambulatoire à 24 heures pour un lipofilling seul, éventuellement plus longue en cas de plastie locale associée. Intervention réalisée à l’Institut Curie (site de Saint-Cloud), en secteur 1, dans le cadre de cette prise en charge oncologique.

À quoi ressemblent les suites, semaine après semaine ?

Les suites dépendent de la technique employée et suivent globalement celles décrites sur la page dédiée au lipofilling (en cas de comblement par transfert graisseux) ou celles d’une chirurgie locale (en cas de plastie) :

  • Semaine 1 (J0–J7)

    douleurs le plus souvent modérées, œdème et ecchymoses sur les zones opérées (site de prélèvement de graisse et sein).

  • 10 à 20 jours

    résorption progressive des ecchymoses.

  • 1 mois

    début d’apparition du résultat, une fois l’œdème résorbé.

  • 3 à 6 mois

    appréciation du résultat en termes de volume et de qualité cutanée.

Quels résultats attendre, et quelles limites ?

L’objectif est d’apporter une amélioration de l’aspect du sein, non une correction parfaite ni un résultat identique au sein controlatéral. Sur les terrains très irradiés, l’efficacité du lipofilling peut être limitée, et plusieurs séances itératives sont parfois nécessaires sans garantie d’un résultat pleinement satisfaisant. Une amélioration de la qualité de la peau (souplesse, coloration) est cependant fréquemment observée après transfert graisseux, y compris sur peau irradiée.

Photos avant / après

Les photographies ci-dessous sont des photographies médicales de poitrines nues.

Seins, vue oblique

Correction de séquelles de traitement conservateur, seins, vue oblique, avant
Correction de séquelles de traitement conservateur, seins, vue oblique, après (résultat à environ 8 mois)

Sein gauche, vue de profil

Correction de séquelles de traitement conservateur, sein gauche, vue de profil, avant
Correction de séquelles de traitement conservateur, sein gauche, vue de profil, après (résultat à environ 8 mois)
Correction de séquelles de traitement conservateurAsymétrie et déformation mammaires séquellaires du traitement conservateur d'un cancer du sein, corrigées par une réduction mammaire bilatérale. Résultat à environ 8 mois.

Photographies de patientes opérées par le Dr Schaff, publiées avec leur consentement écrit. Aucune retouche n’a été appliquée, sauf mention contraire dans la légende : seuls le cadrage et la taille ont été harmonisés entre l’avant et l’après ; l’éclairage et le fond peuvent différer d’une prise de vue à l’autre. Chaque résultat est individuel : il dépend de l’anatomie, de la qualité des tissus, des traitements et de la cicatrisation propres à chaque patiente, et ne préjuge pas du résultat qui pourrait être obtenu chez une autre personne.

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Quels sont les risques et complications possibles ?

Les risques dépendent de la technique employée :

Pour un lipofilling (voir également la page dédiée) : cytostéatonécrose (nodules fermes), calcifications à l’imagerie (à distinguer de celles d’une récidive par un radiologue expérimenté), infection rare, asymétrie ou hypocorrection résiduelle.

Pour une plastie locale : hématome, infection, retard ou trouble de cicatrisation (risque accru sur une peau irradiée), nécrose cutanée localisée, altération de la sensibilité.

Communs à l’anesthésie : les techniques et méthodes de surveillance ont beaucoup progressé ; les risques sont aujourd’hui statistiquement très faibles avec un anesthésiste qualifié, en dehors de l’urgence et chez une personne en bonne santé.

Quelle prise en charge et quels honoraires prévoir ?

La correction d’une déformation du sein après tumorectomie, dans les suites d’un traitement du cancer, est un acte de chirurgie réparatrice, pris en charge par l’Assurance Maladie, le plus souvent à 100 % dans le cadre de l’Affection de Longue Durée (ALD), sur la base des tarifs de convention.

Cette intervention est réalisée à l’Institut Curie, en secteur 1 (secteur conventionné, sans dépassement d’honoraires). Elle est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie au titre de l’affection de longue durée (ALD) liée au cancer du sein. Le reste à charge pour la patiente est donc nul ou minime (hors forfait journalier hospitalier et participation forfaitaire éventuels, dans les conditions habituelles de l’ALD).

Autres questions fréquentes

(questions transverses non couvertes par les sections ci-dessus — évite la redondance de contenu)

Pourquoi faut-il attendre au moins 12 mois après la fin de la radiothérapie ?
Ce délai permet aux tissus irradiés de se stabiliser et à l’inflammation post-radique de régresser, ce qui rend l’évaluation de la séquelle et la planification de sa correction plus fiables.

Cette correction peut-elle être associée à une symétrisation du sein controlatéral ?
Oui, lorsque l’asymétrie globale entre les deux seins le justifie, un geste sur le sein sain peut être proposé dans le même temps ou à distance (voir la page dédiée à la symétrisation).

Quelle est la différence entre cette prise en charge et une reconstruction mammaire totale ?
Ici, le sein a été conservé (traitement conservateur) et l’on corrige une séquelle localisée ; une reconstruction mammaire totale (par prothèse ou lambeau) concerne les patientes ayant subi une mastectomie, c’est-à-dire l’ablation complète de la glande mammaire.

Page rédigée et vérifiée par le Dr Jean-Baptiste Schaff, chirurgien plasticien — dernière mise à jour le 29/09/2026.