Changement de prothèses mammaires

Chirurgie esthétique du sein

Remplacement de prothèses mammaires existantes par de nouveaux implants, avec ou sans lifting associé selon l’état de la peau, à Paris.

Qui est concerné par un changement de prothèses mammaires ?

Les motifs conduisant à un changement d’implant mammaire sont variés : ancienneté des implants, contracture de la capsule périprothétique (« coque »), souhait d’un accroissement ou d’une diminution du volume prothétique, changement de position de l’implant (rétro- ou pré-pectorale), rupture ou fissure suspectée ou confirmée de l’enveloppe.

Les implants ne doivent pas être considérés comme définitifs « à vie » : même conservés plusieurs décennies sans modification majeure, ils peuvent nécessiter un remplacement avant l’apparition d’une porosité, voire d’une rupture. La durée de vie d’un implant est difficile à estimer précisément, car elle dépend de phénomènes d’usure variables ; les implants de dernière génération progressent constamment en résistance et en fiabilité. Une échographie et/ou une IRM mammaire permettent d’évaluer l’état des implants et l’intérêt de leur changement.

En raison de la distension de la peau du sein au fil des années, il peut être nécessaire, lors d’un changement, d’augmenter légèrement le volume pour retrouver le résultat initial ; il est cependant possible de garder le même volume, voire de le diminuer, avec pour conséquence éventuelle une petite ptose mammaire naturelle.

Comment se déroule l’intervention ?

Chaque chirurgien adopte une technique qui lui est propre et qu’il adapte à chaque cas. On peut retenir des principes de base communs.

Voies d’abord : la cicatrice initiale peut être reprise, ou le chirurgien peut en créer une nouvelle — voie péri-aréolaire, voie axillaire (sous le bras) ou voie sous-mammaire (dans le sillon sous le sein).

Ablation de la prothèse initiale : en passant par les incisions, les implants sont retirés et analysés (forme, taille, intégrité). En cas de rupture, un lavage de la loge est systématiquement réalisé pour enlever le silicone résiduel, et une déclaration de matériovigilance est effectuée.

Actes sur l’enveloppe ou la capsule : le chirurgien analyse l’intégrité de la capsule périprothétique. Trois cas de figure : la capsule est de bonne qualité et seul un petit fragment est prélevé pour analyse ; la capsule doit être assouplie (capsulotomie) ; la capsule est pathologique et doit être retirée (capsulectomie partielle ou totale, avec envoi systématique en analyse) — ce geste, plus invasif, entraîne davantage de saignements et de douleurs, avec souvent la mise en place de drains, et une nécessité de stabilisation de la zone pendant les 3 mois postopératoires. Un changement de loge (repositionnement pré- ou rétro-musculaire) est également proposé en cas de coque, de couverture cutanée trop mince, ou lorsque les implants sont prépectoraux et devenus trop visibles.

Pose des nouveaux implants : le type, la forme et le volume des nouvelles prothèses sont déterminés en consultation, selon la morphologie de la patiente et ses souhaits (voir la page augmentation mammaire par prothèses pour le détail des caractéristiques des implants actuels). Les implants utilisés sont des Motiva Ergonomix.

Deux variantes possibles, selon l’état de la peau :

  • Changement sans lifting associé : lorsque la peau conserve une bonne élasticité, le remplacement de l’implant seul suffit.
  • Changement avec lifting associé (mastopexie) : lorsque le sein est ptosé (affaissé), il peut être nécessaire de réaliser un lifting (cure de ptose) afin de retirer l’excédent de peau et de remonter l’aréole et le sein. Cette intervention peut être réalisée dans le même temps opératoire ou en deux temps séparés — voir la page lifting mammaire pour le détail de cette technique.

En cas d’épaisseur de couverture tissulaire trop faible, une injection de graisse peut être réalisée en complément afin d’améliorer les contours de l’implant. En fonction du chirurgien, de la voie d’abord et des gestes complémentaires associés, l’intervention dure d’une heure à deux heures trente.

Quelles cicatrices après un changement de prothèses mammaires ?

Sans lifting associé : les cicatrices correspondent à la voie d’abord utilisée, le plus souvent en reprenant la cicatrice de la première intervention — péri-aréolaire, axillaire ou sous-mammaire.

Avec lifting associé : à ces cicatrices s’ajoutent celles de la mastopexie (péri-aréolaire, verticale et/ou horizontale dans le sillon sous-mammaire selon le degré de ptose à corriger).

Quel type d’anesthésie, et pendant combien de temps ?

Il s’agit le plus souvent d’une anesthésie générale, durant laquelle la patiente dort complètement. Dans de rares cas, une anesthésie « vigile » par sédation peut être utilisée, à discuter avec le chirurgien et l’anesthésiste. La durée de l’intervention varie d’une heure à deux heures trente selon la voie d’abord et les gestes complémentaires associés (capsulectomie, lifting).

En amont : consultation avec le médecin anesthésiste au plus tard 48 heures avant l’intervention, bilan sanguin préopératoire habituel, bilan radiologique du sein (mammographie, échographie, IRM si besoin), arrêt du tabac (y compris cigarette électronique) recommandé au moins un mois avant et jusqu’à cicatrisation, jeûne les 6 heures précédant l’intervention.

Faut-il être hospitalisée, et combien de temps ?

L’intervention justifie habituellement une hospitalisation d’une journée, à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine) : entrée le matin, sortie le soir même après quelques heures de surveillance. Une hospitalisation plus longue peut être envisagée en cas de capsulectomie, d’intervention programmée l’après-midi, ou si les critères d’une hospitalisation ambulatoire ne sont pas réunis.

À quoi ressemblent les suites, semaine après semaine ?

  • Semaine 1 (J0–J7)

    les suites peuvent parfois être douloureuses les premiers jours, notamment en cas d’implants de gros volume ou de capsulectomie associée ; un traitement antalgique adapté est prescrit. Œdème, ecchymoses et gêne à l’élévation des bras sont fréquents. Le premier pansement est retiré après quelques jours et remplacé par un pansement plus léger.

  • Semaines 1–2

    un soutien-gorge est recommandé nuit et jour pendant quelques semaines. Les fils de suture sont le plus souvent internes et résorbables. S’agissant d’une chirurgie esthétique, aucun arrêt de travail n’est nécessaire ; un repos de 7 jours est toutefois conseillé.

  • 1 mois

    délai conseillé avant la reprise d’une activité sportive. Un assouplissement quotidien de la poitrine est recommandé, et ce à vie, afin d’entretenir une capsule souple et d’éviter sa rétraction.

  • 3 à 6 mois

    délai nécessaire pour apprécier le résultat définitif, le temps que les seins retrouvent toute leur souplesse et que les prothèses se stabilisent.

Quels résultats attendre, et quelles limites ?

Le but de cette chirurgie est d’apporter une amélioration et/ou d’éviter une détérioration de la poitrine ; il ne s’agit en aucun cas d’atteindre une perfection. Si les souhaits de la patiente sont réalistes, le résultat obtenu devrait lui donner satisfaction. Le volume des seins sera stable à long terme, sauf variation de poids importante ou grossesse ; la forme et la « tenue » subiront, comme lors de la première intervention, les effets de la pesanteur et du vieillissement. En cas de coque initiale, le risque de récidive est important et peut survenir à n’importe quel moment après le changement.

Certaines imperfections peuvent se rencontrer occasionnellement : asymétrie de volume résiduelle malgré des implants de taille différente ; fermeté un peu trop importante avec mobilité insuffisante ; aspect artificiel, en particulier chez les patientes minces ; perceptibilité au toucher de l’implant ou de plis ; aggravation d’une ptose mammaire préexistante. En cas d’insatisfaction, certaines de ces imperfections peuvent bénéficier d’une correction chirurgicale après quelques mois.

Quels sont les risques et complications possibles ?

Un changement de prothèses mammaires implique les risques inhérents à tout acte médical, aussi minime soit-il.

Liés à l’anesthésie : les techniques et méthodes de surveillance ont beaucoup progressé ; les risques sont aujourd’hui statistiquement très faibles avec un anesthésiste-réanimateur qualifié, en dehors de l’urgence et chez une personne en bonne santé.

Liés au geste chirurgical, les vraies complications restent rares, mais certaines sont plus fréquentes lors d’un changement que lors d’une primo-implantation :
– hématome, pouvant nécessiter une reprise au bloc opératoire ;
– épanchement séreux : le taux de sérome est plus élevé lors des changements d’implants que lors de la primo-implantation ; un sérome persistant ou apparaissant à distance doit toujours amener à consulter le chirurgien ;
– infection, rare, pouvant imposer une reprise chirurgicale avec ablation temporaire de l’implant et un nouvel implant remis en place quelques mois plus tard (on distingue aussi l’infection tardive à bas bruit, le micro-abcès sur point de suture, et l’exceptionnel choc toxique staphylococcique) ;
– nécrose cutanée, favorisée par une tension excessive, un hématome, une infection ou le tabagisme ;
– anomalies de cicatrisation (cicatrices élargies, hypertrophiques, exceptionnellement chéloïdes) ;
– altération de la sensibilité, notamment de l’aréole et du mamelon, le plus souvent régressive.

Risques spécifiquement liés aux implants :
– formation de plis ou aspect de « vagues » ;
– « coques » (contracture capsulaire périprothétique) ;
– rupture de l’enveloppe à terme ;
– malposition ou déplacement : plus fréquents lors des changements d’implants que lors de la primo-implantation ;
– rotation ou retournement de l’implant (théoriquement possible) ;
– déformation de la paroi thoracique, en cas de coques fibreuses laissées longtemps en place avant leur ablation ;
– sérome tardif périprothétique, imposant un bilan sénologique afin d’écarter un lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires (LAGC-AIM) ou, plus exceptionnellement, un carcinome spinocellulaire intracapsulaire.

Quelle prise en charge et quels honoraires prévoir ?

Le changement de prothèses mammaires, en dehors d’un contexte de complication médicale grave, est une chirurgie à visée esthétique : il reste intégralement à la charge de la patiente. Il donne lieu à des honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste, au coût des nouveaux implants, ainsi qu’à des forfaits de bloc opératoire et de séjour en clinique.

Changement sans lifting associé. À titre indicatif, pour un changement de prothèses bilatéral standard (1 heure de bloc, hospitalisation en ambulatoire) :

Montant
Honoraires du chirurgien 1 500 €
Honoraires de l’anesthésiste 500 €
Forfait bloc opératoire (1h) 600 €
Forfait hospitalisation en ambulatoire 300 €
Prothèses mammaires 700 €
Total 3 600 €

Changement avec lifting associé. À titre indicatif, pour un changement de prothèses bilatéral avec lifting mammaire associé (2 heures 30 de bloc, hospitalisation en ambulatoire) :

Montant
Honoraires du chirurgien (dont TVA 20 %) 3 600 €
Honoraires de l’anesthésiste 1 000 €
Forfait bloc opératoire (2h30) 1 500 €
Forfait hospitalisation en ambulatoire 300 €
Prothèses mammaires 700 €
Total 7 100 €

Un devis détaillé et personnalisé, valable 6 mois, est systématiquement remis en consultation. Conformément à la réglementation applicable à la chirurgie esthétique, un délai de réflexion minimum de 15 jours est requis entre la remise de ce devis et l’intervention.

Montants indicatifs ; le devis remis en consultation reste seul engageant et peut varier selon chaque situation, notamment selon le type et la taille des implants retenus et la nécessité ou non d’une capsulectomie.

Autres questions fréquentes

(questions transverses non couvertes par les sections ci-dessus — évite la redondance de contenu)

Dois-je changer mes prothèses systématiquement au bout d’un certain nombre d’années ?
Non, le changement n’est pas systématique : il n’est envisagé de façon précoce qu’en cas d’anomalie clinique ou radiologique constatée, ou à la demande de la patiente. Une consultation de surveillance auprès du chirurgien plasticien est conseillée tous les 1 à 2 ans.

Un changement de prothèses est-il dangereux pour une grossesse future ?
Non, une grossesse reste envisageable sans danger après un changement d’implants ; il est recommandé d’attendre au moins six mois après l’intervention. L’allaitement n’est pas non plus dangereux et reste possible dans la plupart des cas, en particulier en cas de position rétro-pectorale de l’implant.

Quelle est la différence entre un changement et une ablation de prothèses ?
Le changement consiste à retirer les implants existants pour en poser de nouveaux. L’ablation de prothèses consiste à les retirer sans les remplacer.

Sources

Page rédigée et vérifiée par le Dr Jean-Baptiste Schaff, chirurgien plasticien — dernière mise à jour le 28/09/2026.